Nanga Parbat, Himalaya, Pakistan, 8'125 mètres 29/06/2005
- Image n2 arete_mazeno
- Image n3 bivouac
- Image n4 descente
- Image n5 devant_l_arete_Mazeno
- Image n6 vue_de_l_arete_mazeno
Une longue attente jusqu'à la pleine lune nous permet de partir du camp de base vers 7h30 le 20 juin, sous un ciel complètement dégagé. La pleine lune, ce sera pour le 21 juin, jour de l'équinoxe. Partis du camp de base raquettes aux pieds, nous atteignons notre dépôt de matériel à 5'000 mètres et chaussons nos crampons.
Au sommet du couloir, à 5'700 mètres, nous nous apercevons que les orages ont été beaucoup plus importants sur la montagne qu'au camp de base. Une grande quantité de neige s'y est déposée. Quelques passages de rochers jusqu'à 6'000 mètres et nous rechaussons les raquettes à neige pour un long et monotone parcours qui nous amène jusqu'à 6'900 mètres où nous retrouvons tente et réchaud sous un mètre de neige, grâce à un bâton de ski laissé sur place.
Nous venons de parcourir 5 kilomètres et 2'200 mètres de dénivellation. Nous passons l'après-midi à nous réchauffer, nous sécher et nous hydrater. Nous prévoyons de partir vers 20 heures. Hélas, la lune est cachée par des nuages peu engageants et le vent se lève. Nous reportons notre départ au lendemain matin.
Au lever du jour, nous nous faisons une petite boisson et rangeons notre matériel pour continuer l'ascension. Nous évitons au maximum les plaques à vent qui sont nombreuses et atteignons, au soleil, le premier 7'000 mètres de l'arête. Là, en observant l'arête, nous avons tous les trois le même jugement : trop de neige et trop de danger. Encore une fois, l'Himalaya ne veut pas de nous !
Le spectacle est néanmoins grandiose et nous prenons le temps de faire de belles photos. C'est dans le silence et dans la beauté du paysage que nous nous résignons à accepter ce que la montagne veut de nous.
Le retour au camp de base est pénible car tout espoir de sommet est anéanti pour les jours à venir. Karim, notre cuisinier, vient à notre rencontre pour nous restaurer et nous annoncer que les porteurs arriveront demain.
Le vent qui souffle très fort sur le Nanga Parbat nous accompagne jusqu'au village de Tarshing que nous atteignons après un jour et demi de marche. Nous continuons en jeep, puis non-stop en bus jusqu'à Islamabad, le tout en 24 heures. Il nous faut encore une douzaine d'heures pour régler les affaires administratives, paqueter notre matériel et nous rendre à l'aéroport vers minuit.
Nous vous remercions tous chaleureusement de votre soutien et de vos encouragements. Nous sommes très heureux d'avoir partagé notre aventure avec vous. Avec toute notre amitié.
Jean Troillet, Claude-Alain Gailland, Frédéric Roux